3 MOIS À CENTO – Nicolas Biard

Environ 3 mois que je vis à Cento. J’ai eu le temps de m’habituer à mon travail, de me faire des amis et de lier des vrais liens avec les gens de mon association.

Ici, chaque jour est différent. Je n’ai pas d’horaire de travail identique chaque jour. Cela dépend des activités, chacune dans des secteurs divers. J’ai par exemple eu durant plusieurs semaines une activité musicale avec deux petits groupes d’enfants hyperactifs et handicapés dans deux écoles différentes. Le but est de canaliser leur énergie et de l’utiliser de manière ludique, et surtout qu’ils passent un bon moment. Avec le président de mon association qui s’occupe de cette activité, ainsi que ma collègue de SVE, on leur a appris à tous suivre un même rythme, fait construire des instruments, composer une chanson… Avant de finir sur une dernière activité tous ensembles, avec des vrais musiciens qui leur ont fait essayer leurs instruments.

A côté de ça, j’ai eu des activités avec le conseil communal des enfants, ainsi que le « Tavolo dei Giovanni » qui regroupe des jeunes (de 17 à 25 ans pour la plupart) pour leur donner les moyens de mettre en place des choses pour la ville, par exemple des projections de film ou des conférences. A cela vient s’ajouter la garderie dans une école primaire, matin et soir du mardi au vendredi, et quelques autres activités…

Pour mes loisirs, je vais tous les mardis au « Giro del Martedi », une soirée dans un bar désigné de la ville où les consommations sont moins chères pour l’occasion (c’est là que je croise régulièrement la majorité des jeunes gens que je connais) ; le jeudi, je vais jouer au basket avec mon collègue de l’école et des amis, et enfin le dimanche, 2 fois par mois je vais au match de l’équipe de basket de Cento, l’une des meilleures petites villes du pays.

Ainsi, chaque jour est différent pour moi mais malgré ça, au fil des semaines se dessine une certaine routine. Je suis habitué à mes activités, à gérer ma vie comme je le faisais l’année dernière à Paris. Je suis réellement chez moi désormais.

“Je me suis rendu compte qu’en une semaine je me sentais plus enrichi et inspiré pour l’avenir qu’en 3 ans de lycée et 2 ans d’université.”

Fin novembre, toutefois, une activité est venue pimenter mon quotidien. J’ai eu l’opportunité de rencontrer une vingtaine de jeunes de différents pays âgés d’une vingtaine d’années. On a mené ensemble diverses activités très enrichissantes et on partageait nos repas. J’ai découvert l’éducation non-formelle et j’ai énormément apprécié de pouvoir apprendre ou comprendre quelque chose en étant impliqué et pas seulement assis à une table, comme à l’école.  Cette méthode d’apprentissage a été réellement inspirante pour moi car je me suis rendu compte qu’en une semaine je me sentais plus enrichi et inspiré pour l’avenir qu’en 3 ans de lycée et 2 ans d’université. Je n’avais pas spécialement envie de retourner à l’école à mon retour en France, j’en ai encore moins envie maintenant, et maintenant je sais pourquoi je pense comme ça et ce qui me correspond.

“Un sourire au petit déjeuner, un regard attentif durant une activité de groupe et des rires toute la soirée sont signes qu’un vrai lien s’est créé entre les participants.”

Mais cette semaine n’aurait pas été aussi enrichissante pour moi si les personnes avec qui je l’ai fait avaient été différentes. Quand on vit une semaine avec 25 personnes, qu’on dort à 6 garçons dans une chambre, qu’on mange ensemble matin, midi et soir, qu’on sort (et boit, un peu) ensemble après une journée d’activités, on crée forcément des liens, qu’ils soient bons ou mauvais. En l’occurrence, pour moi, ils ont été tout bons. Même si on parlait tous en anglais ce qui n’était pour aucun de nous la langue maternelle et que par conséquent, on avait parfois une certaine limite dans nos conversations, l’expression du visage ne ment pas quel que soit notre pays d’origine. Ainsi un sourire au petit déjeuner, un regard attentif durant une activité de groupe et des rires toute la soirée sont signes qu’un vrai lien s’est créé entre les participants. Et c’est cette capacité à pouvoir être sérieux quand il le faut, actif parfois et d’autres fois plus détendu et chaleureux, qui a fait de cette semaine une semaine joyeuse et instructive en tout point.



Lire le deriner article de Nicolas ICI.

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